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01 May, 17

Que faire?

Que faire ?

 

Dans les articles précédents [1], après avoir constaté que la dégradation des bassins versants contribue à aggraver les dégâts que peuvent provoquer les catastrophes naturelles, après avoir exposé la contradiction entre la nécessité de freiner cette dégradation et le besoin d’exploiter ces bassins versants, nous avons parlé de l’inanité des mesures visant à interdire les exploitations causes de la dégradation. D’où la question qui sert de titre à cet article,  petit clin d’œil à Vladimir Ilyitch : que faire ?

 

La réponse à cette question a été brièvement mentionnée dans un de ces articles, il s’agit de l’aménagement des bassins versants. Mais avant d’entrer en plein dans ce sujet, je voudrais dire quelques mots de l’aménagement du territoire, tant il est vrai que l’aménagement des bassins versants est un cas particulier d’aménagement du territoire.

 

« L’aménagement du territoire », nous dit-on, « désigne à la fois l’action d’une collectivité sur son territoire et le résultat de cette action. » La même source nous dit que « les deux objectifs majeurs de l’aménagement du territoire sont : l’accompagnement du développement économique des territoires et la réduction des inégalités spatiales en termes économiques ou sociaux ; l’objectif global étant un  développement équilibré du territoire. »

 

Une autre source [2] entre un peu plus dans le détail : « L’aménagement du territoire constitue un ensemble d’actions et d’interventions, politiques ou techniques, volontaires et concertées, qui visent à assurer une répartition adéquate de la population, des constructions, des activités économiques et des équipements et infrastructures, tout en tenant compte des contraintes, naturelles et anthropiques, à leur établissement … Les principaux objectifs sont : une réduction des disparités économiques, un meilleur développement du cadre de vie des citoyens, une amélioration des conditions de vie des populations. »

 

Si on reprend les objectifs mentionnés dans ces deux définitions, on pourrait dire qu’ils couvrent trois domaines : le domaine spatial : « réduction des disparités ou des inégalités spatiales », le domaine économique : « accompagnement du développement économique », le domaine social : « développement du cadre de vie des citoyens, amélioration des conditions de vie des populations. »

 

Concernant le domaine spatial, un texte du Ministère Français de l’Intérieur parle de solidarité nationale en faveur des territoires les plus en difficulté, et il cite : « les territoires ruraux, les quartiers urbains en difficulté ». Pour le domaine social, le même texte nous apprend que « une politique vigoureuse d’aménagement numérique du territoire vise à offrir à tous les français l’accès au téléphone mobile, à l’internet haut-débit et à la télévision numérique terrestre ».

 

Pour nous qui venons avec une préoccupation environnementale : la lutte contre la dégradation de nos bassins versants, cela ne nous sert pas à grand chose. Il y a cependant un passage du texte de AfricADT Consulting qui semble nous ouvrir des perspectives : « L’aménagement du territoire aujourd’hui intègre le développement durable qui vise trois objectifs essentiels : assurer la répartition équilibrée des populations et des activités, garantir la cohérence des activités publiques et privées, satisfaire aux exigences d’un développement culturellement adapté, socialement acceptable et écologiquement supportable. »

 

Pour en finir avec la revue des quelques textes que j’ai pu  trouver, je reprendrai ce passage d’un texte de la Commission Européenne : « L’aménagement du territoire fournit un cadre politique cohérent pour la coordination des politiques sectorielles. A la différence des approches de planification centralisée, il met l’accent sur le rôle clé des pouvoirs locaux et sur la participation de l’ensemble des acteurs du développement … »

 

J’ai tenu à retenir ce passage parce qu’il établit le lien entre l’aménagement du territoire et la politique de décentralisation et de développement local inscrite dans notre Constitution, un thème que je me propose d’aborder un jour sous l’une ou l’autre forme. Mais pour le moment, nous allons tenter d’explorer cette ouverture offerte par AfricADT quand ils nous disent que « l’aménagement du territoire aujourd’hui intègre le développement durable. »

 

Mais il faudrait commencer par s’entendre sur le concept de développement durable. J’en avais brièvement parlé dans l’article intitulé : « Les bassins versants : la problématique » [3], mais pour être plus explicite, je reprends ici un passage d’une émission que j’avais faite sur le thème en mai de l’année dernière.

 

L’expression « développement durable » a été proposée pour la première fois en 1980 dans la « Stratégie mondiale de la conservation » publiée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Fonds mondial pour la nature (WWF) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). En 1987, la Commission des nations Unies sur l’environnement et le développement publie le rapport « Notre avenir à tous » (Rapport Brundtland) qui va populariser le concept de développement durable. Le rapport Brundtland définit le développement durable comme « un développement qui répond aux besoins des générations actuelles sans pour autant compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». En 1991, la « nouvelle stratégie de conservation de la nature », publiée par l’UICN, le WWF et le PNUE, définit le développement durable comme le fait d’améliorer les conditions d’existence des communautés humaines, tout en restant dans les limites de la capacité de charge des écosystèmes.

 

Le texte de AfricADT, cité plus haut, nous dit que « le développement durable … vise trois objectifs essentiels : assurer la répartition équilibrée des populations et des activités, garantir la cohérence des activités publiques et privées, satisfaire aux exigences d’un développement culturellement adapté, socialement acceptable et écologiquement supportable. » Personnellement, c’est le dernier membre de phrase qui m’interpelle, et je me propose de voir comment satisfaire aux exigences d’un développement écologiquement supportable.

 

 

Bernard Ethéart

Haïti en Marche, Vol. XXII, No. 43, du 19 au 25 novembre 2008

 

 

 

 

 



[1] Voir Haïti en Marche # 38, 39, 40, 41, 42

[2] AfricADT Consulting

[3] Voir Haïti en Marche # 40