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01 May, 17

Bali


Emission du

08/01/08

Thème

La Conférence de Bali



Transcription



Meilleurs vœux de bonne année à tous ceux qui nous écoutent. Ceux qui suivent Mélodie connaissent déjà la nouvelle, nous l’annonçons depuis hier: nous avons décidé de changer le jour de l’émission. Jusqu’à présent elle passait le jeudi, et cela remonte à l’origine de l’émission elle-même; mais le jeudi pose quelque problème, étant situé un peu au milieu de la semaine, il peut arriver que je doive me déplacer, en province, par exemple, je ne peux alors assurer l’émission. J’ai donc décidé de changer de jour; je voulais prendre le lundi, mais on m’a fait comprendre que l’heure est prise par le sport. J’ai donc choisi le mardi, et cela tombe bien, car deux mardis par mois je suis bloqué à Port-au-Prince pour des réunions. A partir de maintenant, donc, dans cette nouvelle année, nous aurons l’émission le mardi après midi.



Pour cette première émission de l’année, j’ai pensé à faire un petit bilan de ce qui a été fait pendant l’année 2007.



Notre première émission s’est faite le 15 mars, avec Camille Bissereth, qui nous a parlé de la foire de San Francisco de Macoris. De là, jusqu’à décembre nous avons eu 24 émissions, en 10 mois, cela fait un peu plus de la moitié du nombre de semaines. Cela veut dire que nous avons sauté plusieurs semaines; espérons qu’avec les nouvelles dispositions, cela n’arrivera plus.



Si on veut classer ces 24 émissions, il y a 2 thèmes qui viennent fréquemment:



Le premier thème est l’irrigation, et cela ne devrait étonner personne, vu que le premier job important que j’ai eu en Haïti consistait à diriger un projet dont la pièce maîtresse était la construction d’un système d’irrigation, ce projet Croix Fer que je mentionne souvent; nous avons eu:

- le 12/04/07, Alain Thermil, qui nous a parlé de PATRAI

- le 07/06/07, Xavier Isaac, sur le PPI,

- le 13/12/07, Alain Thermil et Charly Laguerre qui ont fait un état d’avancement du PATRAI.



Le second thème est l’écotourisme, avec

- Camille Bissereth, le 15/03/07, sur la foire de San Francisco de Macoris,

- Abner Septembre, le 29/11/07, sur la 4ème édition de la foire de la montagne,

- Camille Bissereth, le 20/12/07, sur la foire de Belladère.



Nous avons eu le Ministère de l’Environnement 3 fois:

- Le 04/10/07, Joseph Vernet nous a parlé de la lutte contre la désertification,

- Le 14/06/07, Yolette Altidor et Judex Edouarzin nous ont parlé du «mois de l’environnement»,

- Le 09/08/07, Daniel Brisard et Juex Edouarzin nous ont parlé des activités du MdE en général.



A part cela, nous avons eu des réflexions autour de l’organisation du pays, avec Marcus, puis dans une suite de cette émission, puis à propos de l’atelier de l’ULCC et avec Jean-Robert Jean-Noël.



Nous avons reçu quatre organisations: APV, FHE, COOPCAB et ATD Quart Monde; deux émissions ont été consacrées aux désastres naturels; nous avons parlé d’eau potable avec Philippe Bécoulet, le la protection du sol avec Camille Bissereth, du code de la montagne avec Abner Septembre; et j’ai fait une émission sur la couche d’ozone et une sur le «Grenelle de l’environnement».



Pour cette année, nous n’avons pas encore un programme bien établi, mais je voudrais commencer avec un événement qui s’est déroulé durant la 1ère quinzaine de décembre: la Conférence de Bali.



Bali est cette île de l’archipel indonésien dont on a beaucoup parlé en 2005 à l’occasion de ce raz-de-marée que tout le monde se plait à appeler le tsunami.



Du 1er au 15 décembre, les Nations Unies y ont organisé une conférence sur les changements climatiques - durant laquelle il y a eu un tremblement de terre - où plus de 10.000 personnes représentaient plus de 180 pays, organisations internationales, ONG etc. Cette conférence est une étape dans un processus dont il faut rappeler deux dates.



1992, Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, création de la Conférence Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC); 189 pays signent un traité pour encourager les pays à stabiliser les émissions de gaz à effet de serre (GES).



On a constaté en effet que ces gaz, qui s’accumulent dans une couchhe suppérieure de l’atmosphère et reflètent la chaleur qui irradie de la terre, créent un effet de serre, provoquant une élévation de la température de la planète, avec toutes les conséquences que nous connaissons: fonte des glaciers sur les hautes montagnes et aux pôles, désordres climatiques, élévation du niveau de la mer, avec danger pour de petites îles du Pacifique d’être submergées – on peut s’imaginer ce qui arrivera dans le bas de la ville de Port-au-Prince si le niveau de la mer s’élève de 1 à 2 mètres!



Tous les pays ont donc signé l’engagement de stabiliser leurs émissions de GES, mais on n’a pas été plus loin.



1997, cinq ans plus tard, non seulement il n’y a pas eu de stabilisation, mais la situation est devenue plus grave. On réunit une seconde conférence à Kyoto qui a abouti à la signature du Protocole de Kyoto; 36 pays, les industrialisés s’engagent à réduire d’ici 2012 leurs émissions de 5 % par rapport au niveau de 1990.



Presque tous les pays qui avaient signé l’accord de Rio ont signé ce protocole, à quelques exceptions notoires dont les USA et l’Australie, qui l’a cependant signé récemment.



Il faut savoir que pendant longtemps, l’Australie a eu un gouvernement assez conservateur; son premier ministre était un ami de George Bush et l’a suivi dans toutes ses options: c’est ainsi qu’il n’a pas signé le Protocole de Kyoto et qu’il a suivi Bush dans son aventure irakienne. Récemment, une élection a provoqué l’arrivée d’un autre premier ministre qui n’a pas la même orientation; il a décidé de retirer les troupes australiennes d’Irak et il a signé de Protocole de Kyoto.



Entre Rio et Kyoto, la différence est que Rio émet en quelque sorte un vœu que les pays stabilisent leurs émissions de GES. Kyoto est plus contraignant et les mesures à prendre sont chiffrées: réduction de 5 %; c’est ce que les USA n’ont pas voulu accepter.



Voilà donc le contexte de la Conférence de Bali. Il s’agit maintenant de considérer le fonctionnement.





Dans le cas de conventions, comme la CCNUCC, il y a ce qu’on appelle la Conférence des Parties (COP), qui réunit les représentants de tous les pays qui ont signé la convention et est l’organe suprême de la convention. Bali était le siège de la 13ème réunion de la COP.



Elle avait un objet très important: Kyoto fixait des objectifs chiffrés pour 2012, mais la convention elle-même prend fin en 2012, il faut donc préparer la relève de la convention. Bali doit donc préparer la feuille de route – une expression devenue à la mode – pour des négociations en vue de la signature d’un traité qui remplacera le Protocole de Kyoto à partir de 2012.



Mais on voit déjà des problèmes car le groupe d’experts du Groupe International d’Enquêtes Climatiques (GIEC), qui dépend des Nations Unies et a reçu le Prix Nobel de la Paix conjointement avec Al Gore, affirment que, pour que la situation s’améliore, il faut que d’ici 2020, on réduise les émissions d’au moins 20 à 40 %; à Kyoto on parlait de 5 %! il y aurait donc des mesures drastiques à prendre et cela provoque des remous.



L’Union Européenne est d’accord, d’une manière générale, pour qu’on fasse référence aux chiffres du GIEC.



En face, les USA y sont radicalement opposés; déjà à Kyoto, ils refusaient d’accepter aucune mesure chiffrée. Le Canada et l’Australie sont dans le même camp, même s’ils ne sont pas aussi virulents. Al Gore était présent et a fait une déclaration selon laquelle son pays est le principal obstacle à tout progrès à Bali. Un article de journal a malicieusement rappelé que, en 1997, quand les USA ont refusé de signer le Protocole de Kyoto, c’est le vice-président Al Gore qui représentait les USA. Un autre article explique que si les USA sont toujours aussi réticents, c’est que le pouvoir y est fortement dépendant du grand capital, qui finance les campagnes électorales, et que ce grand capital n’est pas intéressé à la réduction des émissions de GES, car cela a un coût.



Il y a des pays qui, à l’époque de Kyoto, n’étaient pas de grands pollueurs: la Chine et l’Inde. Actuellement, le plus grand pollueur, après les USA, c’est la Chine, et on prévoit qu’elle peut passer à la première place; et l’Inde n’est pas loin derrière. Tous deux affirment que, pour lutter contre la pauvreté chez eux, ils doivent s’industrialiser et, pour cela, il leur faut utiliser les carburants fossiles, en particulier le charbon. Actuellement, en Europe, on n’utilise plus le charbon qui est responsable de fortes émissions de GES. En Chine, on continue à en extraire – on entend souvent parler d’accident dans les mines de charbon. Ces deux pays affirment donc que l’utilisation du charbon est pour eux incontournable.



Il y a enfin le Groupe des 77 – qui sont actuellement 130 – , les pays sous-développés, qui s’étaient regroupés, dans les années 60, face aux pays «occidentaux», d’une part, et à ceux du «bloc soviétique», d’autre part. Ils développent un argument qui rappelle celui de la Chine. Ils ont, disent-ils, un retard à rattraper, ce n’est donc pas à eux de réduire leurs émissions, et de rappeler aux pays industrialisés leur responsabilité dans la situation actuelle.



Je me souviens d’avoir lu il y a très longtemps un article du Monde Diplomatique où on disait que si toute la population du monde atteignait le niveau de consommation d’énergie des USA, la terre ne pourrait pas le supporter. On va droit dans cette direction.



Voilà donc, en tout cas, les quatre grandes positions qui se sont effrontées à Bali. Les oppositions étaient si marquées que jusqu’à l’avant-veille de la clôture on craignait que ce grand rassemblement n’ait servi à rien. On peut rappeler pour l’anecdote cette invective du représentant de la Papouasie-Nouvelle Guinée à l’adresse de la représentante des USA, lui disant que si elle devait continuer à bloquer les travaux, il valait mieux qu’elle s’en aille.



Finalement, après les interventions du Secrétaire Général des Nations Unies et du Président de l’Indonésie, avec une petite concession des USA et de grandes concessions de l’Union Européenne, on a pu arriver à un compromis, mais les résultats sont très décevants:



1. au niveau de la feuille de route, on a deux ans pour négocier un traité qui remplacera le Protocole de Kyoto;

2. pas de mention d’une objectif chiffré;

3. un fonds d’adaptation permettra aux pays pauvres de faire face aux changements climatiques;

4. REDD = mécanisme de réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation;

5. l’année prochaine on verra pour le financement d’une technologie qui permet de piéger le carbone mais qui est encore au stade expérimental;

6. une proposition de crédit en faveur d’entreprises développant une technologie pour la destruction des hydrofluorocarbures n’est pas acceptée;

7. appui au transfert de technologie: énergie solaire, éolienne …



Calendrier:



2009 un traité

2012 le traité est ratifié et entre en vigueur



Prochaine rencontre en avril